Le fil

La photographie a été une compagne discrète tout au long de ma vie — pas seulement un outil, mais une manière de voir. Une manière d’entrer en relation avec le monde, d’y répondre, et parfois de le suspendre — juste assez longtemps pour remarquer ce qui se déploie devant moi, ou ce qui se passe en moi.

Depuis l’âge de vingt ans, je ressens une impulsion à photographier. Non pas portée par l’ambition ou la discipline, mais par quelque chose de plus profond : un réflexe de remarquer, de cadrer, de préserver. Même lorsque je me suis éloigné de l’appareil pendant de longues périodes, cette manière de voir ne m’a jamais quitté. Le rythme revient comme si le temps ne s’était pas écoulé. Moins un hobby qu’un chez-soi.

Les premières années

Au début de ma vingtaine, je me suis plongé dans la photographie argentique — lectures, essais de caméras manuelles et heures passées en chambre noire. C’était une période d’amitiés proches, de voyages et d’exploration sans crainte. Je photographiais des personnes, des lieux et des détails souvent négligés, avec l’intuition que quelque chose d’essentiel pouvait se révéler à travers l’objectif.

Le tournant

Avec le temps, la photographie est devenue plus sporadique — mais lorsqu’elle est revenue, elle est revenue avec le même regard. Ce qui a changé, c’est le centre de gravité : aujourd’hui, mon travail se tourne davantage vers les espaces, les textures, la couleur et les transformations lentes du monde bâti. Parfois, la nature entre dans le cadre — non comme une échappée, mais comme un autre rythme à suivre. Lumière, forme, immobilité.

Trois phases

Ce site rassemble trois phases de mon travail :

Le fil

Ce site n’a pas pour but de présenter un corpus parfait ou unifié. Il tente plutôt de rassembler des fragments — de suivre, dans le temps, la manière dont j’ai vu, ressenti et répondu au monde. Certaines périodes furent intenses ; d’autres, plus silencieuses. Les sujets ont changé, mais quelque chose d’essentiel est resté constant.

La photographie comme attention

La photographie m’a toujours aidé à donner sens au monde, comme une façon de ralentir, de réfléchir et de me reconnecter. Même sans appareil, l’élan de remarquer et d’observer demeure. C’est une habitude discrète d’attention qui continue de façonner ma manière de traverser la vie.