Travaux récents : ville immobile

Travaux récents rassemblent de nouvelles images autour d’une sensibilité commune. Après une pause de 24 ans, je suis revenu à l’argentique — un médium plus lent qui a transformé ma manière de travailler, en argentique comme en numérique. L’argentique n’offre ni retour immédiat ni rafales de dizaines d’images. Chaque image devient une décision. Cette discipline — le ralentissement, l’attention accrue — traverse désormais l’ensemble de mon travail.

Qu’il s’agisse d’une vitrine la nuit, d’un mur vide dans l’ombre ou d’une structure brutaliste réduite à la géométrie, l’approche reste la même : observer plutôt qu’intervenir. Attendre l’immobilité. Laisser l’espace parler.

Une sensibilité partagée

Bien que ces galeries explorent des thèmes différents — de l’architecture à l’abstraction, d’instantanés de rue à des paysages nocturnes solitaires — elles sont unies par une sensibilité commune. Le travail refuse le spectacle. Il récompense la patience. Il invite à ralentir et à remarquer la beauté, l’humour, la mélancolie et l’étrangeté discrète qui se cachent souvent à la vue de tous.

Voir autrement

Après tout, la ville se définit habituellement par le mouvement et le bruit. Et si on la regardait autrement ? Et si on ne la traversait pas en hâte, mais qu’on la témoignait ?

Ces images répondent à cette question. Elles ne capturent pas le chaos de la vie urbaine, mais ses pauses — ses moments plus calmes, plus contemplatifs. Et ce faisant, elles suggèrent que le sens se loge souvent non dans l’évident, mais dans le discret et l’oublié.