Au début de ma vingtaine, la photographie est devenue plus qu’un passe-temps — c’était un instinct. Une façon d’explorer à la fois le monde autour de moi et ma place en son sein.
Je me suis plongé dans la photographie argentique, en lisant, en expérimentant avec des caméras manuelles et en passant du temps en chambre noire. Ce n’était pas une ambition de carrière, mais une extension naturelle de mon regard — un élan d’attention, le désir de retenir des instants fugitifs et d’en faire quelque chose de signifiant.
Une grande partie de ce travail des débuts est née de relations proches.
Je photographiais souvent des ami·e·s — non pas des portraits posés, mais des moments calmes et intimes, où la confiance rendait l’appareil presque invisible.
J’apportais aussi mon appareil photo dans les fêtes, en voyage et dans la vie quotidienne — en cherchant toujours à saisir la sensation d’un moment, pas seulement son apparence.
Il y a aussi des paysages : des images d’Hawaï et d’autres voyages, où la beauté des lieux rencontrait la curiosité de la jeunesse.
Le noir et blanc s’est imposé naturellement — pour sa matérialité, mais aussi pour la façon dont il retire une part de distraction.
Travailler en manuel — régler ouverture, vitesse et mise au point — me ralentissait et rendait l’acte de photographier plus délibéré.
Le temps passé en chambre noire, même occasionnel, m’a appris à accueillir l’imperfection. Fuites de lumière, expositions inégales, légers flous — tout cela faisait partie du travail autant que les sujets.
Ces images ressemblent aujourd’hui à des fragments d’une vie vécue avec intensité — sans garde, spontanée, traversée d’émotions.
Elles diffèrent de mes travaux récents — plus brutes, moins composées — mais elles demeurent profondément importantes.
Ce que j’ai appris alors, ce n’est pas seulement à utiliser un appareil, mais à rester attentif, curieux et ouvert. Cette manière de voir ne m’a jamais vraiment quitté.